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INFO 6 COMMUNAUTES PAROISSIALES DU DISTRICT DE REMOULINS |
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FORMATION: Qu’as-tu fait de ton frère ? District de Remoulins Le 26-02-07, nous étions dix-sept personnes (chrétiens pratiquants,non pratiquants et autres) réunis autour du Père Volle pour une soirée débat sur le théme « qu’as-tu fait de ton frère »,document proposé par les évêques de France .Il n’a pas été possible de traiter tous les sujets abordés dans le livret,mais l’essentiel a été de vivre un temps fort d’échanges et d’écoute . Si , au début quelques réticences sont apparues de la part de personnes qui ont trouvé le message ambigu,se demandant pourquoi les évêques ont rédigé un document sorte de mode d’emploi pour les élections,le débat qui s’en suivit a été animé et les prises de parole pertinentes. Si , parfois des questions et interventions ont été hors-sujet,il a été tout de même bon que ces questions soient entendues et débattues avec patience . Il est intéressant de noter dans cet article quelques réflexions abordées au cours de cette soirée . Sur la foi : qu’est ce que la foi : folie de Dieu ? … L’ Eglise : c’est le peuple de Dieu … Sur le texte , quelle utilité ? ce document est destiné à un approfondissement qui peut donner à chacun un éclairage et aider au discernement . Sur la laïcité : dans le contexte actuel est-il facile de vivre en chrétien ? Différence entre la démocratie et la doctrine sociale de l’ Eglise . … les deux sont en évolution continuelle ; reconnaître que la doctrine sociale a fait avancer des choses ; ne sommes-nous pas comme le jeune homme riche ? (Mt 19 ,20-22 ). Des interventions ont été faites concernant le carême non pris en compte dans les établissements scolaires ( cantine etc ), contrairement au ramadan a-t-il été dit …. A-t-on pour cela su se faire entendre en tant que chrétiens dans une démarche collective ( parents d’élèves par ex. ) N’est-il pas plus important de se battre sur d’autres aspects du carême que celui du poisson le vendredi ? Quel sens donne-t-on au carême ? etc.… A propos des jeunes : à l’aumônerie, les jeunes disent qu’ils peuvent plus facilement échanger sur la religion avec leurs copains musulmans … Comment vaincre la peur de rencontrer l’ autre différent ? D’autres questions sur le travail et la mondialisation : Il y a ceux qui n’arrivent pas à avoir de contrats de travail suivis ( par ex. 60 en un an et deux mois ) ; Ceux qui n’en ont pas du tout. Les travailleurs qui ne peuvent plus se loger avec un petit salaire . Une intervention assez dure sur les partis politiques et sur tout ce qui va mal On a eu un grand bien-être ( 30 glorieuses ) , maintenant on « recule « . Difficultés face aux grandes évolutions :…. Autrefois avec peu de choses on était heureux, maintenant on est trop sollicité. Doit-on tout attendre de l’ état ? Utilisation du pouvoir pour servir ses propres intérêts ; si j’étais au pouvoir, serais-je juste ? Les riches s’enrichissent, les pauvres s’appauvrissent… Les multinationales dirigent la planète. Des usines sont délocalisées , ces délocalisations ne sont-elles pas aussi une chance pour les pays concernés qui peuvent petit à petit connaître ainsi une amélioration de leur niveau de vie ? Il est difficile de ne pas acheter des produits importés à bas prix ? Commerce équitable amorcé petit à petit , mais plus cher… On vit dans un cercle vicieux grave, « les dés sont pipés » … Nous avons tous une responsabilité de solidarité .. Il faut veiller à ne pas renier notre passé , notre histoire, reconnaître les avancées dans certains domaines ,même si dans d’autres on recule ( précarité, pauvreté , chômage ) . Bien d’autres questions ont été abordées.
En relisant ces échanges certes informels, pessimistes par moment mais pertinents et concrets, l’envie nous prend de désespérer , cependant la foi et l’espérance exprimées dans cette soirée nous renvoient dans une démarche de confiance ; n’est-ce pas là le message chrétien ? Le Père Chevrier disait :Le message chrétien n’invite pas seulement à la conversion des hommes mais aussi des structures de la société. » Pour clôturer la soirée la lecture d’une belle prière « A la manière d’un enfant » a déclanché une certaine émotion et nous nous sommes quittés heureux d’avoir pu ainsi partager. Lilyane Girardot
(texte des Evêques) Message du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France à l’occasion des prochaines élections CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE Sommaire INTRODUCTION 1. Vivre ensemble demande que chacun sache prendre ses propres responsabilités 2. Vivre ensemble suppose un État qui organise la vie commune _ La recherche du bien commun _ L’unité nationale _ La nation française en Europe 3. Les principaux chantiers de la fraternité _ La famille _ Le travail et l’emploi _ La mondialisation et l’immigration CONCLUSION u’as-tu fait de ton frère ? Cet appel de Dieu à la conscience de l’homme a traversé les âges. À la veille d’échéances électorales importantes, présidentielles, législatives et municipales, nous voulons, comme évêques, membres du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, le faire retentir avec force. C’est pourquoi nous adressons aux communautés catholiques, aux responsables politiques et à l’opinion publique, ce message pour inviter à soutenir la vie démocratique dans notre pays par la réflexion et l’action. L’Évangile qui inspire la doctrine sociale de l’Église constitue notre référence. Il nous appelle à souligner ce qui nous semble l’essentiel pour aujourd’hui. Qu’as-tu fait de ton frère ? Beaucoup de Français, et parmi eux des catholiques, éprouvent un sentiment de malaise vis-à-vis du monde politique. Ils veulent un changement. Ils estiment même qu’il ne suffira pas de voter pour que l’espoir renaisse. Les temps ne sont plus où beaucoup se reconnaissaient dans des idéologies ou dans des familles politiques qui, comme de l’extérieur d’eux-mêmes, les guidaient dans la vie et auxquelles ils faisaient confiance. Aujourd’hui, ils aspirent à trouver personnellement ce qui donne sens à leur vie et les invite à participer à l’action collective. Notre société cherche à donner à chacun le plus d’autonomie possible. Elle veut protéger contre les aléas de la vie mais conduit aussi, souvent, à une profonde solitude. Comment construire une société de liberté qui soit plus fraternelle, luttant contre l’exclusion par des choix politiques mais appelant aussi chaque citoyen à la responsabilité et à l’engagement personnel ? Cette fraternité correspond aux exigences de notre foi. Nous ne pouvons nous adresser à Dieu, chaque jour, en lui disant Notre Père sans prendre conscience qu’il est le Père de tous les hommes avec lesquels il nous demande de dire «nous», en étant solidaires de chacun. Construire une cité plus fraternelle, tel est le devoir d’un chrétien, tel est aussi l’idéal républicain. Qui ne voit que la liberté et l’égalité sans la fraternité deviennent lettre morte ?La violence qui s’est déchaînée ici, la crainte de l’avenir qui s’est manifestée là, le souci de garder le pouvoir et d’accumuler l’argent ailleurs, montrent que les hommes ont du mal à vivre dans l’amitié et le respect de l’autre. Sans volonté de vivre ensemble, ni l’argent, ni la force, ni la sécurité ne peuvent construire un pays. Nous pensons que, comme chrétiens, nous devons travailler à ce « vivreensemble ». 3 _ _ _ Q Il n’y a pas de vie sociale possible si chacun ne cherche pas, autant que faire se peut, à être pleinement responsable de lui-même. Certes, chacun a besoin d’être reconnu dans ses droits et d’être aidé devant certaines difficultés. Mais la grandeur de l’homme est d’écouter la voix de la conscience, cette voix intérieure qui lui apprend qu’il est unique et qu’il a un rôle à jouer. La grandeur de l’homme est de s’assumer et d’être libre. Il ne peut avoir confiance en lui que s’il accepte à la fois cette grandeur et les limites de son humanité. L’homme n’a pas tout pouvoir sur lui-même, il ne s’invente pas. Il ne se comprend lui même que s’il accepte ses racines, s’il relit son histoire, s’il essaie de comprendre le monde dans lequel il vit, s’il cherche la vérité, s’il connaît ses limites et fait face à sa mort. L’homme n’est véritablement lui-même que s’il entend, en son coeur, Dieu l’interroger: «Qu’as-tu fait de ton frère ?» Il est bon que l’homme réponde librement à l’appel à aimer sa famille, sa cité et son pays. Il n’est pas de citoyen du monde qui ne soit d’abord citoyen de son pays. «De même que, selon saint Jean, celui qui prétend aimer Dieu qu’il ne voit pas et n’aime point son prochain qu’il voit trompe et se trompe, ainsi j’ajouterai qu’il trompe et se trompe celui qui prétend aimer les peuples lointains avec lesquels il ne vit pas et n’aime point son propre pays auquel il se frotte chaque jour » [1]. Aimer son pays ne consiste pas seulement à l’aimer virtuellement, par à coup, ou lorsque tel ou tel événement suscite l’émotion. Beaucoup d’hommes et de femmes aujourd’hui, en France et dans le monde, se sentent blessés, exclus, mis sur le bord de la route pour des raisons personnelles, sociales, économiques, politiques, religieuses. Parce que nous voulons mettre en oeuvre le double commandement du Seigneur, nous, chrétiens français, entendons ces hommes et ces femmes nous interroger : « Si je suis ton frère, vas-tu passer ton chemin ? » La présence auprès du frère en difficulté, aussi nécessaire soit-elle, n’épuise pas les devoirs que suscite l’amour du Christ en nous : l’action, par le biais du politique, est une forme indispensable de l’amour du prochain. Celui qui méprise le politique ne peut pas dire qu’il aime son prochain et répond à ses attentes. Celui qui méprise le politique méprise la justice. « L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle _ _ _ 4 Qu’as-tu fait de ton frère ? I. VIVRE ENSEMBLE DEMANDE QUE CHACUN SACHE PRENDRE SES PROPRES RESPONSABILITÉS Cal Etchegaray,homélie de la messe pour la France, Strasbourg, 10 juillet 2005. [1] et elle doit réveiller les forces spirituelles sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se développer. La société juste ne peut être l’oeuvre de l’Église, mais elle doit être réalisée par le politique. Toutefois, l’engagement pour la justice, travaillant à l’ouverture de l’intelligence et de la volonté aux exigences du bien, intéresse profondément l’Église» [2]. L’intérêt pour le politique ne concerne pas le seul moment du vote. Une information sérieuse est nécessaire. Les hommes et les femmes politiques sont conduits à se plier au fonctionnement des médias où le slogan masque souvent la complexité des analyses de situation, où les intrusions dans la vie privée remplacent quelquefois l’énoncé d’un programme. Le citoyen est en droit d’attendre des hommes et des femmes politiques un effort de vérité devant les effets de la médiatisation. Le débat, lui aussi, est essentiel. Beaucoup de chrétiens le craignent parce qu’ils ont peur de ne pas être «à la hauteur». La démocratie, pour vivre, a besoin que chacun puisse exprimer son avis et l’exprime effectivement. Le silence conduit à l’effacement, il nourrit la violence. Message du Conseil permanent 5 _ _ _ Benoît XVI, Encyclique Dieu est Amour, n° 28. [2] II. VIVRE ENSEMBLE SUPPOSE UN ÉTAT QUI ORGANISE LA VIE COMMUNE À la veille de voter, il nous semble particulièrement important, afin d’éviter tout malentendu, de réfléchir ensemble à ce que nous demandons aux responsables politiques. La recherche du bien commun La démocratie est une réalité fragile. Elle est instituée depuis longtemps par la Constitution. Mais vivre ensemble, constituer un peuple, est sans cesse à reprendre au fil des évolutions de l’histoire. La démocratie reste toujours inachevée. Elle est à renforcer à chaque élection. D’où cette exigence : voter, c’est participer à l’amélioration de la vie ensemble, ce que l’enseignement social de l’Église appelle le bien commun universel. Au-delà des intérêts privés, le service du bien commun vise à faire progresser la société. Cette oeuvre de la raison humaine permet de réduire les fractures sociales. «L’organisation politique existe par et pour le bien commun, lequel est plus que la somme des intérêts particuliers, individuels ou collectifs, souvent contradictoires entre eux. Il “comprend l’ensemble des conditions de vie sociale qui permettent aux hommes, aux familles et aux groupements de s’accomplir plus complètement et plus facilement”. Aussi doit-il être l’objet d’une recherche inlassable de ce qui sert au plus grand nombre, de ce qui permet d’améliorer la condition des plus démunis et des plus faibles. Il se doit de prendre en compte non seulement l’intérêt des générations actuelles, mais également, dans la perspective d’un développement durable, celui des générations futures» [3]. Réhabiliter la politique, déclaration de la Commission sociale des évêques de France, n° 9, 1999. [3] À l’évidence, cette définition des buts de l’organisation politique reste d’actualité. Les responsables politiques, en premier lieu le Président de la République, servent la France en permettant à un projet collectif de venir au jour, en l’explicitant et en donnant aux citoyens la possibilité d’y participer. Ce projet ne naît pas de rien. Il n’est pas possible de créer une fraternité nationale sans s’appuyer sur l’histoire, avec ses heurs et ses malheurs. Nier l’histoire, la passer sous silence, c’est supprimer toute possibilité d’aboutir à la fraternité. L’unité nationale De toute son histoire, marquée par de multiples processus de centralisation volontaire, la France a gardé l’exigence de l’unité nationale, mais elle redécouvre aussi ses particularités régionales et locales, d’autant plus que ces réalités ont leur place spécifique et reconnue dans l’espace européen. Dans les années à venir, il est vraisemblable que nous aurons à progresser dans ce réajustement entre l’État et la Nation, avec sa diversité interne. II ne peut s’agir d’une disparition de l’État au profit d’une construction européenne qui risquerait alors de se réduire à des structures bureaucratiques. L’enjeu est ici profondément démocratique et citoyen. Il est probablement plus ancré dans la tradition républicaine que certains ne le pensent. Il nous faut, par conséquent, nous familiariser avec un sens renouvelé de l’État, garant de l’unité nationale, dans un espace circonscrit à la fois par les régions et par l’Europe élargie. L’État ne peut se désengager de ses responsabilités en matière de solidarité sociale. La prochaine présidence de la République aura à cet égard un rôle décisif. La nation française en Europe Au cours du siècle passé, la France a changé d’horizon et de cadre de vie. Comme toutes les nations modernes, elle vit dans un environnement commercial, social et politique plus large. Elle s’interroge aussi sur l’utilisation des ressources naturelles, sur le développement durable et sur sa responsabilité à l’égard des générations futures. L’élargissement de notre environnement commercial est celui de la mondialisation qui accélère et intensifie l’échange des marchandises et la circulation monétaire. L’espace politique s’est ouvert depuis plus de cinquante ans à des structures d’alliance et de régulation internationales. Des transferts de souveraineté s’opèrent à l’intérieur d’ensembles plus vastes. En bien des domaines, l’Europe est devenue la condition de la liberté et de la prospérité de notre pays. Après le référendum de 2005, les prochaines élections seront l’occasion de définir les meilleurs chemins possibles pour la construction européenne. Il s’agira de faire face aux problèmes soulevés par la mondialisation, d’accroître les investissements nécessaires au développement, d’avoir en commun des politiques migratoires, énergétiques et de défense, et de promouvoir une certaine harmonisation fiscale et sociale. Nous pouvons d’autant moins ignorer ou mépriser ce nouveau contexte politique que la tradition chrétienne a souvent inspiré, à leur origine, beaucoup de ces évolutions. 6 Qu’as-tu fait de ton frère ? _ _ _ Parmi bien d’autres, nous souhaitons attirer l’attention sur trois chantiers essentiels. La famille La famille est la cellule de base de la communauté humaine. Elle peut changer de taille, de visage, elle n’en demeure pas moins essentielle. L’homme et la femme ont besoin d’aimer, d’être reconnus et aimés tels qu’ils sont. La famille est le premier lieu où les hommes et les femmes apprennent la confiance en eux mêmes et la confiance dans les autres. La famille permet, en effet, de découvrir que chacun a sa place dans une histoire, dans un réseau, sans avoir à le mériter, dans le respect des différences particulières : âge, sexe, qualités ou faiblesses. La plupart des Français plébiscitent la famille et ont un projet familial ; ils pensent que dans une société, souvent dure et concurrentielle, ils peuvent y trouver estime et confiance. Comment ne pas s’en réjouir ? La crise de confiance que traverse la société a souvent pour origine une carence familiale. Nous sommes conscients, comme chacun, des fragilités de la vie familiale dans un monde épris d’épanouissement individuel et soumis à de nombreuses sollicitations. Ces fragilités renforcent la nécessité de promouvoir l’institution familiale. Nous aussi, nous sommes pour l’épanouissement de la personne, mais un épanouissement qui soit pleinement responsable, qui respecte la dignité humaine, la défense des faibles et permette l’instauration d’une société de confiance. Comment construire la confiance si la société accepte l’exclusion des plus faibles, depuis la pratique de l’avortement jusqu’à la tentation de l’euthanasie ? Comment construire la confiance s’il est des malheurs que l’on ne peut exprimer : — par exemple, la difficulté pour une femme, dans certains cas, de refuser un avortement devant les pressions qui s’exercent sur elle ; — ou la difficulté pour des enfants d’exprimer leur souffrance face au divorce de leurs parents ; — ou encore celle d’enfants qui ne peuvent exprimer leur désarroi d’ignorer qui est leur père ou leur mère. Et comment peut-on parler de ces traumatismes, sans tenir compte de leurs conséquences sur la vie sociale ? Il est normal que l’État se préoccupe des situations difficiles. L’Église est prête, à leur Message du Conseil permanent 7 _ _ _ III. LES PRINCIPAUX CHANTIERS DE LA FRATERNITÉ propos, à prendre part à un débat loyal où son avis ne serait pas disqualifié au départ ou marginalisé. Le message de l’Église veut s’adresser à la conscience de chacun : il appelle à bâtir des familles stables, fondées sur des couples, unissant un homme et une femme, qui prennent le temps de se préparer à leurs responsabilités d’époux et de parents. Soutenir la famille, c’est d’abord garder au mariage son caractère unique d’union acceptée librement, ouverte à la procréation et institutionnellement reconnue. Parmi les difficultés que rencontrent les familles, le logement est sûrement un problème majeur. Notre pays connaît aujourd’hui une crise profonde du logement. Son coût conduit trop de familles à un éloignement de leurs lieux de travail, source d’épuisement et de déstructuration. L’accès à la propriété reste souvent un rêve inaccessible. Les logements sociaux sont trop peu nombreux, pas toujours habités par ceux qui y auraient droit ou alors isolés dans des quartiers sans mixité sociale. La séparation des couples et la recomposition des familles augmentent les besoins. Au-delà des difficultés techniques considérables pour résoudre cette question, le logement doit être, pour l’État, une priorité politique essentielle. Le travail et l’emploi Depuis plus d’un siècle, l’Église propose sa «doctrine sociale». Elle rappelle qu’il n’existe pas de bonne économie sans le respect des personnes. Si le lien social se fragilise dans notre pays, beaucoup pensent que c’est largement à cause du chômage. « Le travail est un bien de l’homme – il est un bien de son humanité – car, par le travail, non seulement l’homme transforme la nature en l’adaptant à ses propres besoins, mais encore il se réalise lui-même comme homme et même, en un certain sens, il devient plus homme. […] La caractéristique du travail est avant tout d’unir les hommes et c’est en cela que consiste sa force sociale : la force de construire une communauté »[4]. Travailler est un facteur d’intégration. Travailler est l’un des chemins par lequel l’homme et la femme se réalisent et font société. La personne a besoin non seulement de gagner son pain mais aussi de se sentir utile. Travailler est une responsabilité essentielle. C’est un droit, mais c’est aussi un devoir. La situation de l’emploi est, pour beaucoup aujourd’hui, une cause de difficulté et de souffrance. Pour la majorité des Français, l’emploi est une cause nationale pour laquelle des choix et des efforts, personnels ou collectifs, doivent être consentis. Par exemple : — choisir, pour les jeunes, une filière qui corresponde à la fois à leurs goûts, à leurs aptitudes et aussi aux besoins du pays ; — accepter, pour un salarié, de se syndiquer et de penser que les entreprises ont besoin de ce partenariat pour continuer à s’adapter ; _ _ _ 8 Qu’as-tu fait de ton frère ? Jean-Paul II, Encyclique Le Travail humain, n0s 9 et 20. [4] — oser fonder une entreprise ou prendre une responsabilité dans un monde économique souvent chaotique ; — permettre, pour le chef d’entreprise, que les salariés prennent part aux décisions qui les concernent. Bien des efforts sont aussi nécessaires pour embaucher, former, accepter des apprentis, valoriser le travail manuel. Efforts enfin de tous pour soutenir les chômeurs dans leur recherche de travail. Mais constater la somme de choix et d’efforts que demande l’intégration par le travail n’exonère pas l’État de ses responsabilités, directes ou indirectes. Il doit soutenir ces efforts et rendre les choix possibles. Il peut le faire en favorisant le dialogue, en permettant que la loi et la réglementation s’inspirent d’une vision politique réfléchie et travaillée avec les partenaires sociaux. La mondialisation et l’immigration La France est impliquée dans le processus de mondialisation. Elle en bénéficie largement. Il ne s’agit pas tant de s’en féliciter – pour le développement des échanges, la circulation de l’information, la découverte des cultures – ou de s’en lamenter – pour les délocalisations, la non-maîtrise des politiques économiques, la concurrence à outrance. Il faut plutôt accepter de nous interroger sur nos comportements, personnels et collectifs, dans cette nouvelle donne. L’interpénétration des cultures marque la société française. Beaucoup de gens voyagent, des jeunes étudient, travaillent à l’étranger, s’y marient… Le marché se développe en usant des différences de coûts de production, mais aussi en diffusant un art de vivre qui suscite toujours le désir de gagner davantage et de consommer plus. Nous ne pouvons pas défendre nos positions, exporter produits et services, sans accepter aussi d’être rejoints par la concurrence de pays que l’on appelle « émergents ». Nous nous sommes habitués à la libre circulation de l’argent, des marchandises, des informations, mais nous sommes plus réticents face à la liberté de circulation des personnes. Peut-on à la fois pratiquer la liberté du commerce, tout en barrant la route aux immigrés ou en les renvoyant chez eux ? C’est dans ce cadre général qu’il faut réfléchir la question de l’immigration. Pour les chrétiens, l’accueil des migrants est signe de l’importance attachée à la fraternité. Le sujet est difficile et nous savons l’extrême sensibilité de nos concitoyens en ce domaine. Comment pourrions-nous nier les problèmes? Comment pourrions-nous nier qu’un pays comme le nôtre a des limites à sa capacité d’accueil ? Cependant, il convient de prendre notre juste part à cet accueil. Et juste, ici, veut dire de façon généreuse. Évêques, nous voyons nos communautés accueillir nombre de ceux qu’on appelle des étrangers ou des migrants. Leur présence nous amène à formuler quelques convictions : Message du Conseil permanent 9 _ _ _ ■ Nous estimons normal que notre pays définisse une politique de l’immigration. Cela fait partie de la responsabilité gouvernementale et tout gouvernement doit faire face à cette question. ■ Dans l’Église, cependant, il n’y a pas d’étranger : le baptême fait accéder, où que l’on soit, à la « citoyenneté » chrétienne et l’Évangile nous appelle à une fraternité universelle. Dans bien des communautés, les étrangers ont le souci de partager avec d’autres, nous en sommes témoins ! ■ La rencontre avec ces frères et soeurs venus d’ailleurs nous amène à poser fortement, dans le débat public, la question de l’extraordinaire inégalité qui règne dans le monde. Sommes-nous attentifs aux choix politiques qui favorisent un développement solidaire ? Sommes-nous prêts à modifier notre mode de vie, afin de permettre un réel développement des pays les plus pauvres, en particulier en Afrique ? Sommes-nous prêts à partager concrètement pour aider les pays les moins développés? N’est-il pas important de lancer cet appel aux Français ? ■ Parmi les migrants, beaucoup, pour s’établir en France, ont franchi des difficultés considérables et certains ont risqué leur vie. Pourquoi ne pas porter à leur crédit cette volonté de rejoindre notre pays et ne pas se fonder sur elle pour leur trouver une place dans la société nationale? Certes, nous ne pouvons pas recevoir tout le monde, mais il nous est aussi impossible de renvoyer tous les clandestins. Notre pays doit pouvoir continuer à recevoir les réfugiés politiques et ceux qui risquent des persécutions, y compris religieuses, dans leur pays. ■ Enfin, réguler l’immigration veut dire pourchasser les mafias et autres circuits d’immigration clandestine, employeurs véreux, marchands de sommeil, etc. 10 Qu’as-tu fait de ton frère ? _ _ _ CONCLUSION Qu’as-tu fait de ton frère ? À la veille de cette période électorale, nous invitons les catholiques de France et, à travers eux, tous les citoyens à prendre le temps de la réflexion et du dialogue sur les enjeux de ces élections, présidentielles, législatives puis municipales. Nous avons voulu rappeler quelques éléments du rôle de l’État dans la recherche du bien commun. Un État qui a une mission essentielle mais qui ne peut pas tout. Nous avons aussi voulu souligner la nécessité, pour notre pays, de bâtir une communauté nationale fraternelle, expression de notre aspiration à une vie commune paisible. Cette aspiration s’enracine dans notre histoire et notre culture et dépasse les enjeux politiques immédiats. 11 _ _ _ La fraternité est un objectif qui donne sens à la vie sociale et qui invite à l’action politique. Elle passe par l’attention aux plus fragiles et le respect de chaque personne humaine. « Agissez en hommes libres, non pas en hommes qui font de la liberté un voile sur leur malice, mais en serviteurs de Dieu. Honorez tout le monde, aimez vos frères, craignez Dieu » (1re Épître de Pierre 2, 16-17). Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France : Cardinal Jean-Pierre RICARD, archevêque de Bordeaux, président de la Conférence des évêques de France Mgr Georges PONTIER, archevêque de Marseille, Mgr Jean-Louis PAPIN, évêque de Nancy, Vice-présidents de la Conférence des évêques de France Mgr André VINGT-TROIS, archevêque de Paris Mgr Jean-Luc BOUILLERET, évêque d’Amiens Mgr Jean-Luc BRUNIN, évêque d’Ajaccio Mgr Bernard CHARRIER, évêque de Tulle Mgr Gérard DAUCOURT, évêque de Nanterre Mgr Georges SOUBRIER, évêque de Nantes Paris, le 18 octobre 2006 ■ ■ ■ © SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE LA CONFÉRENCE DES ÉVÊQUES DE FRANCE 106, rue du Bac – 75341 Paris cedex 07 – Tél. 01 45 49 69 70 Site : www.cef.fr – e-mail : secretariat.general@cef.fr
Chaque dimanche et depuis bientôt 2000 ans, les chrétiens sont invités au Repas du Seigneur, autrement dit à l’EUCHARISTIE . Résumé des rencontres:des 1er et 15 décembre. Le texte ci-dessous sera conservé dans la page FORMATION L’EUCHARISTIELe Jeudi 1er Décembre, une première rencontre sur l’Eucharistie nous a permis de chercher tout d’abord les différentes expressions qui désignent ce sacrement :
Fraction du Pain, Repas du Seigneur,
le Pain Vivant, la Sainte Cène, le Mémorial de la Mort et de la
Résurrection de Jésus Christ, le Saint Sacrifice, le Partage, la
Nouvelle Alliance, etc… Un point très important a été développé - la présence réelle et la Transsubstantiation. Nous pouvons nous rappeler que le Christ a pris du pain et du vin parce qu’ils signifient « nourriture et fruit de la terre et du travail des hommes ». Le sacrement nous fait reconnaître que le Christ est présent dans le Pain et le Vin, c’est à dire dans le monde. Sa présence se manifeste dans nos vies, dans la réalité des choses, mais pas dans l’imaginaire, le rêve. Dans l’Eucharistie, on ne voit rien. On vit cette présence dans l’absence. A Dieu qui se révèle à nous, nous répondons par notre Foi. L’Eucharistie, source et sommet de toute vie chrétienne.
L’EUCHARISTIE(suite)Le 15 Décembre s’est déroulée la 2ème rencontre sur l’Eucharistie avec « la liturgie » comme thème. Les mêmes participants étaient présents sauf deux personnes excusées. Après une très belle prière sur la paix de St. Augustin, une brève synthèse de la précédente réunion a permis de rafraîchir les mémoires. La soirée s’est ouverte par le rappel de la réflexion de Mgr Sabbah (Patriarche de Jérusalem) au Synode des Evêques sur l’Eucharistie : elle avait servi de conclusion pour la 1ère rencontre. Une réflexion de Mgr Coffy sur l’Eglise a servi d’introduction pour cette soirée: « Pour découvrir l’Eglise dans son mystère le plus profond, il ne faut pas d’abord aller à Rome, ni à l’Evêché (encore que sans le Pape et les Evêques, l’Eglise ne pourrait exister), il faut aller là où des chrétiens sont rassemblés pour célébrer l’Eucharistie. Nous découvrons alors l’Eglise, non comme quelque chose d’extérieur à nous, mais comme un Corps dont nous sommes membres ».
Quatre temps ont été proposés: 1-Qu’évoque pour vous, le mot liturgie? Quels autres termes utilisons nous? Ont été exprimés: Rites- Rituels- Geste- Célébrations- Messe- … 2-A quoi sert la liturgie? Comment vivons-nous les célébrations liturgiques? Qu’est ce que cela représente pour nous? Beaucoup d’idées ont été avancées: La Parole- La nourriture spirituelle- La joie de la rencontre- l’Eucharistie comme lien avec la vie-… 3-Un bref historique a ensuite été abordé. Le déroulement approximatif des premières célébrations a été évoqué d’après d’une lettre de St Justin de Rome (150 ap JC) rappelant que dans les tous premiers temps, les célébrations avaient lieu dans les maisons particulières (selon la liturgie juive) autour d’un repas, avec bénédiction, louange… On peut dire que dès le IIème siècle, les célébrations eucharistiques ont acquis leur structure d’aujourd’hui: parole, rencontre, fraction du pain. Dès le IVème siècle, la situation change. L’expansion du catholicisme oblige à réduire la spontanéité. On passe de la liturgie communautaire des petits groupes à une liturgie de grandes assemblées dans les différentes églises: la célébration devient alors l’affaire du Clergé. Le Concile de Trente(1545-1563), conscient des dérapages possibles publie des livrets. La liturgie se compose ainsi: une seule prière eucharistique- le Canon Romain lu à voix basse- chaque année, le même cycle de lecture pour la messe dominicale tirée de St Paul, un Evangile le plus souvent de St Matthieu ; l’Ancien Testament est pratiquement ignoré. La communion n’est pas donnée au cours de la messe, mais avant ou après, aux rares fidèles qui le demandent. Le Prêtre célèbre dos tourné aux fidèles. C’est le Concile de Vatican II qui rend enfin la messe au peuple par l’emploi de la langue vivante, la proclamation de la Prière Eucharistique à voix haute, l’emploi d’un lectionnaire simplifié, ce qui permet une meilleure compréhension de la liturgie du Dimanche (jour de la Résurrection du Seigneur, 1er jour de la semaine, jour du Seigneur, car dès le 2ème siècle le Dimanche avait remplacé le Sabbat célébré par les Juifs qui lui resteront fidèles et le jour du soleil qui était célébré par les païens). Le Concile de Vatican II souhaite que le repas du Seigneur soit toujours le lieu de la rencontre et de la communion avec Dieu et avec nos frères. En rappelant la structure de la Messe « célébration de l’accueil - célébration de la parole -célébration eucharistique - rite de conclusion », de nombreuses remarques ont permis de préciser les termes Epiclèse- Doxologie- Anamnèse.., et de comprendre ou de redécouvrir certains gestes effectués depuis longtemps, et dont le sens réel avait échappé. Beaucoup d’autres réflexions auraient nécessité une mise au point, mais le temps a manqué. La rencontre s’est conclue par une réflexion dans les actes du St Siège, de notre St. Père Benoît XVI, sur l’importance de l’Eucharistie dominicale, mais… Comment cela se fera-t-il dans nos églises, qui n’ont plus assez de prêtres pour célébrer et de fidèles pour participer?
DOC. ARCHIVES: Ce dimanche 27 novembre 2005, premier dimanche de l’avent et début de l’année liturgique, a eu lieu à Remoulins la messe des Familles pour tout le district.
Lors de cette célébration a eu lieu l’accueil des futurs baptisés (Philippe, Joffrey, Jérémy et Aurélien). Pour les 3 ados et l’adulte qui ont demandé le baptême cette cérémonie d’accueil est la première étape du chemin vers leur intégration dans la communauté chrétienne au sein de la famille pastorale de notre district.
Un grand nombre de familles avaient répondu présents et c’est environ 50 enfants et ados encadrés par les catéchistes de l’ensemble des paroisses qui ont participé et animé cette messe. Leur venue dans le chœur de l’église à la demande du père Volle pour gestuer le « Notre Père » a donné lieu à un moment d’émotion et d’élan dans la prière de notre communauté. Merci à tous pour votre présence aux cotés des enfants.
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